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Chili : Itinéraire de Santiago aux portes de la Patagonie

written by Voir le monde avec toi 1 avril 2019
Chili : Itinéraire de Santiago aux portes de la Patagonie
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... UN PAYS POÉTIQUE

POEME

Du désert d’Atacama, au nord, jusqu’à l’extrême sud de l’archipel de la Terre-de-Feu, l’ombre du plus grand poète chilien plane sur cette immense bande de terre qui longe la Cordillère des Andes. Ce poème de Pablo Neruda résonne en nous comme un immense écho à notre aventure. Le Chili est le point de départ de notre dernier grand chapitre de tour du monde : l’Amérique Latine. Itinéraire de Santiago aux portes de la Patagonie…

Santiago du Chili, une capitale tentaculaire (2 jours)

Les yeux rouge sang et le corps affaibli, on se retrouve dans une petite auberge de jeunesse du « Barrio Brasil », totalement déphasés mais le sourire aux lèvres. On est en train de vivre notre plus gros décalage horaire… 16h d’écart entre Auckland et Santiago du Chili dans un voyage à remonter le temps au-dessus de l’océan Pacifique. Nos premiers pas dans la ville sont assez hésitants. Le grand air néo-zéolandais a laissé sa place à de beaux nuages de pollution, couvés par les montagnes qui encerclent la région. La foule et le bruit, l’accent espagnol chilien et l’odeur de friture, mettent tous nos sens en alerte. On erre un peu comme des zombies dans cette fourmilière. Et nous sommes rapidement mis en garde par des vigiles à l’entrée des magasins qui nous conseillent de mettre notre sac à dos devant nous et de ranger nos bijoux. C’est notre premier rapport avec l’insécurité qui frappe de nombreux voyageurs en Amérique du sud. Mais on reste sereins car on croit en notre karma :).

Notre premier sentiment sur cette ville est mitigé. On se perd volontairement dans les différents quartiers pour ressentir l’atmosphère. Il y a de nombreux vendeurs de rues qui proposent des bricoles un peu vieillottes. Les stands de street-food n’ont pas l’air très appétissants. On monte dans un bus qui ne vend pas de tickets (certainement par sécurité) et on fait un peu le tour des grandes avenues ! De notre point de vue, Santiago n’est pas particulièrement enthousiasmante. Très bétonnée, les lieux de visites proposés par les guides se comptent sur les doigts d’une main. Deux jours ont donc été suffisants pour nous. On s’est promené dans les rues du Barrio Bellavista et du Barrio Lastarria où règnent une ambiance jeune et festive. Nous avons pris le téléphérique pour grimper en haut du Cerro San Cristobal. La vue est impressionnante. La ville est quatre fois plus grande que l’on pouvait l’imaginer ! Mais après un mois en Nouvelle-Zélande, l’oxygène des montagnes nous manque. On se sent enfermés dans cette immense ville. Plus d’un tiers de la population du pays vit dans la région de Santiago, environ 7 millions de personnes, soit plus que la population totale de Nouvelle-Zélande ! On décide donc de prendre un bus pour Valparaiso, située sur le littoral pacifique, à 1h30 de la capitale, on a besoin de prendre l’air…

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Valparaiso, la « Vallée du Paradis » (3 jours)

Valpo, ainsi prénommée par ses habitants, est une grande ville portuaire avec un passé glorieux et sulfureux. Le « free walking tour » avec Gauthier, un français installé au Chili, nous a bien éclairé sur la réputation de cette ville. Au XIXème siècle, le port de Valpo servait d’escale pour tous les bateaux qui acheminaient leurs marchandises entre l’Atlantique et le Pacifique via le détroit de Magellan. Elle était donc un lieu de commerce et de nombreux excès (alcool, sexe) pour les marins qui avaient passé de nombreuses semaines en mer… Depuis ce port, des générations de marins sont partis à la chasse aux baleines du Pacifique ou à la conquête de l’or de Californie. Ils considéraient Valparaíso comme le « Joyau du Pacifique ». La ville a donc connu un essor considérable jusqu’à la création du canal du Panama. Ce nouveau passage maritime a détourné toutes les routes du commerce en Amérique centrale et a plongé Valparaiso dans la crise. .

Désormais, même si le port fonctionne encore, la ville trouve un nouveau dynamisme grâce à la culture et à son charme qui attire le tourisme local et international. La ville est construite sur 42 collines (cerros) qui forment un immense amphithéâtre avec une vue extraordinaire sur le centre-ville et la mer. Ces collines ont leurs propres rues et des ascenseurs (les funiculaires) qui les relient au centre historique. Plus l’accès de la colline est difficile plus la population est défavorisée. Il y a donc quelques collines fortement déconseillées aux touristes car assez dangereuses. Mais le charme de cette ville se trouve surtout dans toutes ses maisons colorées et dans le street-art qui habille joliment les murs. Il est autorisé de manière très libre dans les rues et certains artistes se sont forgés une renommée internationale.

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De nombreuses auberges de jeunesse sont gérées par des français qui croient fortement en l’attractivité touristique de la ville. Nous sommes restés 3 jours dans l’une d’entre elles, la Casa Piola, située sur le « cerro miraflores » où nous avons été invités dès le premier soir à un barbecue. Les anciens propriétaires chiliens et les nouveaux propriétaires français et leur famille fêtaient ensemble la passation du fonds de commerce. Un moment joyeux sur la grande terrasse extérieure qui est un lieu plein de vie où tout le monde (voyageurs, bénévoles, gérants) discute et partage ses repas. A cet instant, nous nous sommes vraiment sentis en Amérique du sud. L’atmosphère joviale, la forte chaleur adoucie par un petit air marin, une bouteille de vin rouge chilien, les discussions fleuries dans toutes les langues…tout était parfait !

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Le « free walking tour », précédemment cité, qui démarre tous les jours de la plaza Sotomayor est aussi une bonne entrée en matière pour comprendre l’histoire du Chili. L’événement marquant de l’histoire du pays est le putsch militaire du général d’Armée, Augusto Pinochet, le 11 septembre 1973. Le coup d’Etat, soutenu par les Etats-Unis, renverse le gouvernement socialiste du président Salvador Allende. Une grande période de répression s’en suit. La liberté de la presse est abolie, le couvre-feu instauré. Toutes les formes de littérature rattachée au socialisme sont interdites et les opposants au régime arrêtés, exilés, torturés ou exécutés. Cette dictature militaire dirige le pays jusqu’en 1990.

Le Street Art est précisément apparu à Valparaiso avec une idée d’engagement politique. Les tags et graffitis étaient porteurs de messages d’opposition à la dictature en place. Il sont aujourd’hui aussi artistiques et esthétiques. Nous avons passé notre temps à flâner dans les ruelles du cerro allegre et du cerro conception à admirer ces dessins sur tous ces murs collorés. Nous avons trouvé des cafés branchés et des petits restaurants délicieux où déguster une des spécialités chiliennes : le ceviche ! Une sorte de tartare de poisson cru sauce chilienne accompagné d’un verre de pisco sour… Vous pouvez grimper en haut du cerro Artilleria qui jouit d’une vue imprenable sur la baie de Valparaiso et son ballet incessant d’appareillages pour le Pacifique sud. Si vous souhaitez enfin découvrir la vie du poète Pablo Neruda, vous pouvez visiter son ancienne demeure, la « Sebastiana ».

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Sur les quais de Valparaiso, flotte déjà une impression de bout du monde, un pressentiment de grandes traversées, un parfum d’île de Pâques et de Patagonie. Il est donc temps pour nous de prendre la direction du sud.

Conseils

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Talca, une destination lunaire (2 jours)

La ville de Talca, située à 300 kms au sud de Santiago, n’est pas un haut lieu du tourisme. La ville fut en partie détruite lors du séisme de 2010 d’une magnitude de 8.8. Par contre, de fabuleuses randonnées sont accessibles à proximité dans la réserve nationale « Altos de Lircay ». L’une des plus spectaculaires est appelée : « el Enladrillado ». Une randonnée de 7h30 qui s’achève sur un plateau lunaire à 2200 mètres d’altitude, avec une vue à couper le souffle sur les plus hauts sommets de la région. Un mythe entoure cette région. Le grand nombre d’observations d’OVNIS au cours des dernières décennies a conduit certains à penser que ce lieu était une piste d’atterrissage pour les visiteurs d’autres galaxies…

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Conseils

  • Bus Valparaiso – Talca : 10 600 pesos / pers – 6h
  • Nuit Talca : Hostel del centro
    Retrouvez plus d’hébergements à Talca en cliquant ici
  • Comment se rendre à la Réserve nationale Altos de Lircay ?
    Depuis la commune de Talca, prendre un micro-bus pour Vilches Alto au terminal local (à 7h du matin) – 1H30 de trajet / Retour avec le même bus depuis Vilches Alto (dernier départ 17h) / Tarifs : 3800 pesos/pers aller-retour.
  • Infos Rando : « El Enladrillado » : 7h30 de marche / 28 kms / 1000 d+ / niveau difficile / Prix d’entrée : 5000 pesos / pers.

Pucon, la région des 7 lacs (3 jours)

On continue à descendre sur la « Panamericana Sur » jusqu’à Pucon. Une très jolie ville, constituée principalement de chalets en bois, au bord du lac Villarica. Elle tranche complètement avec toutes les autres villes que nous avons traversés depuis le début de notre aventure au Chili.

Au cours du XIXème siècle, de nombreuses villes ont été fondées dans la région des grands lacs par des immigrants allemands. Avec le soutien du gouvernement chilien qui voulait peupler les terres du sud du Chili, de nombreux colons se sont installés, intéressés en partie par l’exploitation forestière. Ainsi, l’architecture des maisons en bois nous donne l’impression d’être dans une station balnéaire allemande.

La ville dispose de nombreuses attractions touristiques, telles que des centres thermaux et des parcs naturels. En particulier le Parc national Huerquehue et le Parc national Villarrica où se dresse majestueusement le volcan Villarrica. Un volcan enneigé qui domine la région du haut de ses 2847 mètres. Ce colosse dont le nom signifie en mapuche la montagne du démon fait partie des volcans les plus actifs d’Amérique du Sud. Il est constamment visible depuis la ville et on a vraiment du mal à le quitter des yeux.

L’ascension de ce volcan est une attraction irrésistible mais elle coûte chère (environ 100 euros / pax). Et parfois dans un tour du monde, il faut faire des choix difficiles pour des raisons financières… On a beaucoup moins regretté quand les autres voyageurs de l’auberge de jeunesse qui ont réalisé l’ascension nous ont fait le récit de leur expérience. Malgré un soleil radieux, le vent qui soufflait très fort sur la crête du volcan les a obligés à faire demi-tour. Et dans ce contexte pas de remboursement… cela arrive assez fréquemment.

Nous avons opté pour la randonnée « Los Lagos » dans le parc national de Huerquehue. On a été un peu déçu. A vrai dire, nous sommes beaucoup plus friands des randonnées au grand air avec une vue dégagée sur les montagnes qu’enfermées dans une forêt dense.

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Cette région d’Araucanie est surtout la terre des Indiens Mapuches qui combattirent héroïquement les conquistadors espagnols et le gouvernement chilien. La situation est encore assez tendue. Quelques jours avant notre arrivée, la mort d’un indien mapuche, en marge d’une opération des forces de l’ordre a déclenché de vives tensions. Les Indiens revendiquent des droits sur des terres qui leur appartenaient par le passé et qui sont de nos jours aux mains de grands propriétaires terriens voire de multinationales chargées d’exploiter les ressources forestières…

Conseils

  • Bus Talca – Pucon : 11 300 pesos / pers – 9h avec Turbus
  • Nuit Pucon : Hostel French Andes
    Retrouvez plus d’hôtels à Pucon en cliquant ici
  • Infos Rando : « Los Lagos » Parc national Huerquehue : 4h30 de marche / 12 kms / niveau moyen / Prix d’entrée : 5000 pesos / pers. Bus A/R 4000 pesos par pers. (1h)

Puerto Varas, la région des 7 lacs (4 jours)

La ville de Puerto Varas, encore un peu plus au sud, fait également partie de la région des grands lacs. Elle profite d’une vue exceptionnelle sur le volcan Osorno et le lac Llanquihue, le deuxième plus grand lac du Chili. L’architecture coloniale y est aussi typiquement germanique.

Le lac Llanquihue permet des activités de plein air comme la pêche et le kayak. Et à 68 km de là, le volcan Osorno et son parc offrent de belles promenades ainsi qu’une petite station de sports d’hiver équipée de deux télésièges. Nous avons réalisé avec Pierre, le propriétaire de notre hostel, l’ascension du volcan et une descente en VTT. Un moment extra, plein de bonne humeur. Depuis la station de ski, on est partis pour une courte randonnée sur le flanc sud du volcan. Le sentier nous a mené jusqu’à deux cratères, l’un de couleur noire et l’autre de couleur rouge. La vue sur les Andes y est spectaculaire. Il y a aussi un superbe panorama sur les volcans voisins Puntiagudo, Tronador et Calbuco. Le Chili est de fait le pays qui compte le plus grand nombre de volcans au monde… Attention, le volcan Osorno est toujours actif. Il est entré en éruption en 2015 ce qui a nécessité l’évacuation de milliers de personnes.

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A environ 29km au nord, Frutillar est une autre ville du lac Llanquihue sous forte influence culturelle germanique, où il est agréable de passer une après-midi. Il est possible d’y aller rapidement en bus ou de faire l’aller-retour en VTT pour les plus sportifs.

D’autre part, vous devez absolument vous rendre dans le parc national de Pétrohué. Le village du même nom, perdu dans la forêt est le point de départ d’une randonnée exceptionnelle entre lac et volcan : « el Sendero de désolacion ». Sur la même route, à l’aller ou au retour, arrêtez-vous aux chutes de Pétrohué. Ces belles cascades, issues du lac « Todos los santos », s’écoulent avec en toile de fond le volcan Osorno… Magique !

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Conseils

      1. Ascension du volcan (4h) + descente en VTT (1h) + transport A/R – 27000 pesos/pax
      2. Randonnée dans le parc national de Pétrohué : « sendero de la désolacion » – Gratuit
      3. Découverte des chutes de Pétrohué – Entrée 4000 pesos/pax
      4. Visite de la ville de Frutillar – En bus 4800 pesos A/R par pax
  •  Comment se rendre au Parc national de Pétrohué : prendre un micro bus en centre-ville pour 2500 pesos par pax. Faire du stop pour revenir jusqu’au chutes de Pétrohué. Prendre ensuite un bus pour rentrer pour 2 000 pesos par pax. Il est évidemment possible de faire du stop à l’aller et au retour.
  • Infos Rando : « Sendero de la désolacion » Parc national de Petrohué : 6h de marche / 20 kms / niveau facile / Prix d’entrée : gratuit

Castro, l’île de Chiloé (2 jours)

L’île de Chiloé est renommée pour ses belles églises en bois (classées au patrimoine culturel de l’humanité) et ses maisons sur pilotis, « les palafitos ». Peintes de toutes les couleurs et très pittoresques, elles font le charme de la ville de Castro. Vous pouvez vous balader dans la ville sur les bords de mer ou partir sur la journée dans le parc naturel de Chiloé.

Nous avons ensuite pris un bus en direction de la ville portuaire de Quellon, au sud de l’île. Le point de départ de notre traversée en ferry de 2 jours dans les fjords de Patagonie… Là, commence notre épopée dans l’une des plus belles parties du monde qui mérite un article complet à la hauteur de sa beauté !

  • Bus Puerto Varas – Castro : 6 500 pesos / pers – 4h
  • Nuit Castro : Hostal Palafito Waiwen
    >> Retrouvez plus d’hôtels à Castro en cliquant ici
  • Bus Castro – Quellon : 2 500 pesos / pers – 1h30
  • Ferry Naviera Austral : 17 450 pesos / pers – 2 jours (2 nuits) – Départ à 23h du soir.
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*Ce poème fait l’objet d’une polémique liée à son auteur original : Pablo Neruda ou Martha Medeiros, femme de lettres brésilienne. Le plus important reste ce que le poème exprime et nous fait ressentir…

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1 comment

Emma 3 avril 2019 - 11 h 19 min

Le Chili figure depuis bien longtemps parti de ma wishlist. Ton article est donc une vraie pépite avec toutes ces informations et de si belles photos. Je vais me le garder de côté 🙂

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